01.06.2006

Rendez-vous à l'ANPE ... 1/7





Sylvain n’était pas très motivé ce matin, depuis son divorce il ne pensait qu’à une seule chose…quitter cette banlieue parisienne…
Il rêvait de soleil … la misère est plus belle au soleil disait-on, et il avait envie de le vérifier… Il voulait suivre les pas de ces peintres qui avaient si bien rendu l’univers de la Provence… Oui il avançait dans ces couloirs insipides et avait la tête dans un champ de lavande, entendait au loin le chant des cigales … Il se voyait s’installer, étaler son matériel et commencer le croquis…
Oui, pourquoi la vie l’avait fait rencontrer, puis épouser la fille d’un sous préfet ???
La vie est parfois cruelle…Pourtant leur histoire avait bien débuté…Il l’avait remarquée lors d’un de ses vernissages et elle semblait tellement émerveillée par ses toiles qu’il y avait vu un signe… Des admiratrices il en avait, des plus ou moins sincères, mais là il avait été complètement subjugué par sa fraîcheur, sa candeur et son enthousiasme vraiment unique… mais il le savait très bien ce qui l’avait carrément fasciné c’était son prénom…
« Je m’appelle Fanny »…
D’un seul coup il avait vu toute la Provence dans ce joli visage, si fin, si fragile et si tonique qu’il n’avait pas pu y résister…
Emporté par le tourbillon de l’amour, il n’avait pas remarqué qu’à part ce prénom la belle avait plus de rive gauche en elle que de provençal…
Bien vite elle s’est lassée de ses peintures, et la passionnée des premiers jours s’est révélée être une amatrice très superficielle de peinture…
Tel un papillon, elle a vite retrouvé une nouvelle branche sur laquelle se poser…
Elle l’a donc quitté au bout de deux ans pour un vétérinaire alsacien, et est partie s’installer avec lui dans le Gers…
Il était resté seul en banlieue parisienne, un peu groggy au début, lui qui rêvait de nature était toujours resté car « madame » ne supportait pas la province, il n’y avait que Paris qui comptait à ses yeux…Jusqu’au jour où un vétérinaire lui fit changer d’avis…
Sylvain se remit alors à s’évader avec plus de force dans ses peintures, se retrouvant, se reconstruisant au fil des ses créations libératoires…
Et maintenant sa décision avait été prise : il avait demandé sa mutation pour le pays des cigales…
Aujourd’hui les commissions administratives des mouvements de postes avaient lieu et le résultat allait tomber.…
Il savait qu’il n’était pas particulièrement prioritaire, pas d’enfants, pas de demande de rapprochement de conjoint…
Mais néanmoins il se sentait léger et confiant, si on ne croit pas à ses rêves qui y croira ?
Son quotidien professionnel l’ennuyait un peu en ce moment…
Sylvain était conseiller à l’Anpe …

Commentaires

ça commence fort ta petite histoire! un conseiller ANPE artiste??!! trop fort! vivement la suite... :o)

Ecrit par : libellul | 01.06.2006

Oui cela commence bien ; tu m'intrigues.

Ecrit par : Fauvette | 01.06.2006

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